Sorciers
Entendons-nous
Dans les formes concrètes de vie
On se retrouve
Sans lieu
Aucune aspérité matérielle
Tenus ensemble par le frémissement de la lumière
Une rêverie de la liberté distribuée
Une pratique d’irréconciliation avec les mécanismes du pouvoir
Des pratiques insurrectionnelles soutenues
Il faut sortir du travail productif comme fondement,
Dans l’affirmation de la plénitude de l’être contenu
Plus rien de l’ordre
Des gestes d’amitié qui attachent
L’amour existe
Plus (+) de métamorphose,
Plus (+) de veille sur les autres et sur les choses.
Et toujours le silence…
(merci à Josep Raffanell i Orra)
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Chantiers ouverts :
Nous avons commencé le nouvel horaire le mercredi, séance supplémentaire que j’installe en avril. Cette séance supplémentaire du mercredi est essentielle pour prendre un autre rythme et bien préparer les personnes aux enregistrements en mai.
Nous avons commencé par un cours… de tai chi ( !) donné par une des stagiaires qui le pratique tous les jours aux Buttes Chaumont ! Ce temps inattendu était incroyable car l’ensemble des personnes présentes se sont mises à suivre les mouvements avec une disponibilité déconcertante.
J’en ai profité pour rebondir. La répétition d’une phrase en tai chi et sa précision m’a aidée à faire comprendre pourquoi je tenais tout le temps à rendre de plus en plus précis les sonorités des mots et en particulier dans les poèmes de Baudelaire.
Ensuite, tout le monde a lu le poème l’étranger en même temps dans sa langue maternelle en faisant attention aux autres. L’écoute est prometteuse et le choeur que je recherche commence à apparaître d’une façon simple et évidente !
Travail en binôme pour le poème l’étranger, en français. Une des personnes posant les questions, l’autre y répondant. On a pris le temps de s’arrêter sur les difficultés de chaque personne et de pointer les sonorités qui ne sont toujours pas en place, les mêmes généralement : le J et le G sont terrible, le b à la place de P, le é à la place du i, le x imprononçable, le r avalé ou impossible à sortir, le gne dans montagne impossible à retenir… On a expérimenté la durée et le rythme de la phrase, un décorticage que les personnes semblent apprécier.
Bonjour Patrick,
Après une discussion téléphonique avec Olivier, nous trouvons cohérents de nous engager à nouveau en tant que producteur sur le projet de création Intégration(s), qui fait sens avec tout ce que nous développons actuellement, qui inscrit dans la durée notre collaboration, et permet
d'aborder un niveau de questionnement impossible sur des projets courts.
Voilà, c'est pour le cadre général qui me semblait important de clarifier au plus vite. Après, nous devons envisager ensemble (toi et nous) dans le détail les implications de cette décision, sur les moyens de financement, les modalités de suivi, le processus de création. Je te propose que nous nous voyons le 19/mars matin (sous réserve de confirmation d'Olivier) pour mettre tout à plat ensemble et dessiner le cadre d'une convention (la fameuse)...
A très vite
Roselyne
Chantiers ouverts :
Je reste très fragilisé par la perte d’une partie de la subvention d’Emmaus qui remet en question la durée de mon engagement sur une année et pour la suite. Quand la réalité vient percuter une expérience singulière…
Pourtant, l’expérience de ces trois années commence à faire apparaître d’autres possibilités d’apprentissage de la langue française qui seraient bien de poursuivre, en particulier avec l’usage du chant proprement dit et du corps (cette première expérience avec Mathias en danse était très prometteuse). De chercher une nouvelle souplesse du corps en même temps que la découverte de sonorités nouvelles pour les stagiaires.
De renforcer la poésie.
Une des choses les plus intéressantes qui se passe dans cet atelier, est d’installer la poésie comme un exercice évident pour apprendre la langue française !
Ghérasim Luca est un pilier, sa poésie amène une certaine liberté car il permet en permanence de se détacher du sens ce qui donne aux stagiaires, une sorte de désinhibition face à l’apprentissage de la langue. Cela les rend plus téméraires à expérimenter les sonorités délirantes de Luca.
Pour 2009-2010 auteurs abordés : Baudelaire, Ghérasim Luca, Cesare Pavese, Andrei Tarkovski (Le Sacrifice), Dany Laferrière (L’énigme du retour, prix Medicis 2009), Beckett, Racine, Prévert…
Une chose intéressante qui se produit également cette année, est l’apparition des traductions dans les langues maternelles des participants qui a véritablement fait faire un bond à tout le monde, pas seulement pour le sens du poème rendu compréhensible pour tous, mais par la création d’une sorte d’union dans le groupe, d’une façon de s’intéresser à l’autre –il y a une dizaine de nationalités différentes. Un nouveau rapport s’est installé soudainement entre le français et son apprentissage. Comme si, ayant laissé de la place à la voix « maternelle » la voix « en français » trouvait son chemin petit à petit.
Un élargissement s’est produit.
Faire sonner un mot comme « nuage » dans toutes les langues y compris en français éclaire ce qui se passe au juste dans cet atelier.
Une autre chose est ma persistance à faire venir des personnes dans l’atelier qui crée à chaque fois une autre écoute, un autre regard sur ce qui se passe. Donc n’hésitez pas, il reste quelques séances !
Cette ouverture est nécessaire, en particulier la présence, trop courte, de Jean-Baptiste, l’ingénieur du son. Je souhaiterais amplifier l’utilisation des captations sonores dès le début, de rendre familier le dispositif d’enregistrement plus rapidement et plus souvent.
Le déplacement vers Radio-campus, grâce à Guillaume Mahé, de l’association l’œil à l’écoute est une chance qui se répète après l’expérience à France Culture en 2008.
Pour les stagiaires, pour la qualité des enregistrements, pour les trois jours (mardi 4, 11,18 mai) à passer ensemble, avec les formateurs qui jouent le jeu en venant avec nous pour faire leur cours en même temps.
L’adhésion totale des deux structures qui m’accompagnent, Emmaus et Khiasma est primordiale et explique en partie la durée de cette expérience artistique dans une institution sociale.
Ma présence à l’AFB est devenue, je crois, naturelle, et l’ensemble de l’équipe est vraiment très bienveillante, disponible à mon égard. Une confiance s’est installée et c’est une des clés de la durée de cette expérience artistique au sein de l’institution. La volonté de sa directrice, Rose-Marie Ryan, acceptant mes propositions avec enthousiasme, a été primordiale.
Ma présence à Khiasma questionne également le lien entre un artiste et une structure artistique. Le fait de produire à nouveau le projet Intégration(s), installation de médias mélangés fin 2010, début 2011 à Khiasma, de se battre pour les financements est courageux et politiquement fort.
C’est la mode de l’artiste micro entrepreneur qui passe de structure en structure, de résidences en résidences au gré des subventions. Ce n’est pas mon histoire, j’ai toujours privilégié une sorte de compagnonnage qui crée du sens et du désir. Je revendique cette lenteur qui favorise l’expérience qui est pourtant évidente à y regarder de plus près.
Je préfère ne pas.
Je ne veux pas être contenu, je veux bricoler joyeusement, toujours entre.
Pour préparer la rencontre avec Christophe Bertossi, chercheur, responsable du programme "Migrations, Identités, Citoyenneté", Institut français des relations internationales IFRI.
je vous invite à découvrir les notes dessinées à partir de son livre les frontières de la citoyenneté en Europe (juste l'introduction) sur le lien :
http://fofana.free.fr/travauximproductifs/travauxindex.html
travail en cours.
Bonjour Patrick,
En effet les compositions sont très belles. C'est un travail réussit. J'ai cependant des problèmes pour accéder parfois au texte qui n'apparait pas toujours entier en bas de l'écran.
Après, par rapport au texte. Je suis embêté parce que ici sa fragmentation m'empêche de suivre le discours du gars. Lorsque je lis entre les lignes ce qui me semble être finalement quelque chose comme une certaine valorisation du concept de citoyenneté ("plénière", appariât plusieurs fois comme ce qui est empêché par le régime d'exclusion de l'espace démocratique)... Cela m'embête de ne pas comprendre.
A bientôt,
josep
Cher Patrick Fontana
Merci et bravo pour l'inventivité de chaque dessin et pour leur cohérence d'ensemble. C'est un très beau travail. Et le projet de l'installation promet beaucoup. Je suis impatient de la voir. Merci de me permettre de suivre votre travail. Je ne suis pas toujours là au bon moment mais cela m'intéresse toujours autant.
A bientôt. Amitiés
Jacques Rancière
mercredi 27 janvier 2010
Cahier d'Emmaus n°4
Salut Patrick;
Toujours aussi ravi de votre travail qui "dénationalise" la langue. On respire, en effet.
A bientôt,
Josep
Cher Patrick,
C'est un plaisir, bien sûr, de participer à votre projet. Surtout traduire Baudelaire, quel honneur !!!
Je vous envoie ci-joint le texte électronique. Pour avoir les accents, je vous envoie le lien pour télécharger le logiciel Unikẹy.
http://www.unikey.org/bdownload.php
Bien à vous,
Phuong DANG-TRAN
traducteur de l’auteur vietnamien Duong Thu Huong, éditions Sabine Wespieser.
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Chantiers ouverts :
L’introduction des enregistrements et la présence de Jean-Baptiste l’ingénieur du son est toujours très efficace pour avancer dans l’apprentissage des phonèmes en français.
Le poème l’étranger de Baudelaire devient de plus en plus présent dans les bouches des participants à l’atelier, les bouches commencent à se transformer. Le fait aussi de s’entendre en français est primordial et ce jeu de miroirs avec soi-même dessine un « autre » qui fait rire, inquiète, réconforte.
Après l’interruption d’une semaine pour cause de vacances d’hiver, nous nous lancerons dans l’autre poème de Baudelaire, l’invitation au voyage.
Avec Roselyne, nous venons de rencontrer Guillaume Mahé (de l’association l’œil à l’écoute) qui nous propose une heure d'antenne en direct sur une radio Radio Campus. http://www.radiocampusparis.org
J'ai proposé dans un premier temps d'enregistrer les poèmes dans leur studio puis dans un deuxième temps de réunir les acteurs de ce projets : Rose-Marie Ryan, la directrice de l’Atelier Formation de base d’Emmaus, Olivier Marboeuf directeur de l’espace Khiasma, Roselyne Burger son administratrice, tous les participants à l’atelier (dans la mesure du possible), Emeric Aelters musicien de musique électronique et un chercheur spécialiste des questions de migration et d'intégration Christophe Bertossi (IFRI) avec lequel je voudrais articuler cette rencontre autour de son livre les frontières de la citoyenneté en Europe et connaître son sentiment sur l’introduction d’«une évaluation du degré de connaissance de la langue et des valeurs de la République pour un étranger qui souhaite venir en France », dans la loi Ceseda.
Cette proposition rentre complètement en adéquation avec l’installation sonore et visuelle en préparation - Intégration(s) - qui sera présentée sous la forme d’une installation sonore et visuelle où on pourra entendre les enregistrements des poèmes et visuellement une boucle textuelle se jouera de la langue administrative française extraite de la loi CESEDA relative aux conditions d’entrée et de séjours des étrangers en France en y injectant des vers de Baudelaire.
1 Douze enceintes sont disposés frontalement sur un mur. Chaque source nous fait écouter une voix qui lit un des deux poèmes de Baudelaire. Cette lecture se fait dans les langues maternelles des personnes qui ont travaillées sur ces poèmes.
Sur le sol est disposé 8 bandes composées de dalles isolées pour module analogique qui réagissent en marchant dessus. Visuellement ces bandes créent une distance à parcourir entre les voix qu’on entend et le spectateur.
Plus le spectateur est loin plus la source est inaudible. Le spectateur doit s’approcher de la source pour entendre la voix à un volume normal. Un chœur se révèle.
2 La cloche acoustique est en suspension dans l’espace.
Il faut rentrer la tête pour entendre les poèmes.
La séparation de l’espace est nette, le spectateur se retrouve isolé dans le noir relatif du cube et dans une proximité avec les voix des migrants lisant les poème en français.
Visuellement son corps forme avec la cloche “un corps étranger”.
Cher Monsieur Fofana,
Merci pour cette invitation à contribuer à votre projet qui m’intéresse beaucoup. Je vous donne mon accord de principe mais je devrai vérifier mon emploi du temps au mois de mai (qui est un mois très compliqué à gérer pour moi). Je vous propose que nous nous rappelions à la fin du mois de mars.
Très cordialement,
Christophe Bertossi
LOI n° 2007-1631 du 20 novembre 2007 relative à la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile- Article 1
Après l’article L. 411-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, il est inséré un article L. 411-8 ainsi rédigé : « Art. L. 411-8. - Pour lui permettre de préparer son intégration républicaine dans la société française, le ressortissant étranger âgé de plus de seize ans et de moins de soixante-cinq ans pour lequel le regroupement familial est sollicité bénéficie, dans son pays de résidence, d’une évaluation de son degré de connaissance de la langue et des valeurs de la République. Si cette évaluation en établit le besoin, l’autorité administrative organise à l’intention de l’étranger, dans son pays de résidence, une formation dont la durée ne peut excéder deux mois, au terme de laquelle il fait l’objet d’une nouvelle évaluation de sa connaissance de la langue et des valeurs de la République. La délivrance du visa est subordonnée à la production d’une attestation de suivi de cette formation. Cette attestation est délivrée immédiatement à l’issue de la formation. Un décret en Conseil d’Etat fixe les conditions d’application de ces dispositions, notamment le délai maximum dans lequel l’évaluation et la formation doivent être proposées à compter du dépôt du dossier complet de la demande de regroupement familial, le contenu de l’évaluation et de la formation, le nombre d’heures minimum que la formation doit compter ainsi que les motifs légitimes pour lesquels l’étranger peut en être dispensé. »
